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Annales corrigées — session la plus récente

Annales 2025 de l’examen d’agent sportif : le corrigé complet

Par Walid — DevenirAgentFoot, co-écrit avec un agent sportif licencié FFF en activité — publié le , mis à jour le — Lecture : 14 min — Méthode et sources

Le CNOSF a mis en ligne en juillet 2026 l’extrait du sujet de la session 2025 — celle du 17 novembre 2025. C’est le sujet le plus proche de celui que vous passerez le 23 novembre 2026. Et comme toujours, il est publié sans le moindre corrigé. Voici le nôtre, question par question, article par article.

Ce que ce sujet vous dit sur le jury

Sur cinq QCM, deux portent directement sur le métier d’agent sportif : la sanction pénale de l’exercice illégal, et vos obligations en matière de blanchiment. Et le cas pratique est intégralement consacré au dopage. Message reçu : le jury ne teste pas seulement du droit général — il teste le droit qui vous concerne.

Partie 1 — Le cas pratique (6 points)

La situation : un sportif contrôlé positif à une substance spécifiée vous consulte. Il est poursuivi par l’AFLD. Six questions, entièrement centrées sur la mécanique de la sanction et du sursis.

1. Quelle est la durée de la mesure de suspension qu’il encourt, et existe-t-il un motif pour lequel cette sanction pourrait être aggravée ?
Réponse

Il s’agit d’une substance spécifiée : la suspension encourue est de deux ans.

Elle est portée à quatre ans s’il est démontré par l’AFLD que le sportif a eu l’intention de commettre le manquement.

Le mécanisme à comprendre — c’est là que se joue le point : la charge de la preuve s’inverse selon le type de substance.

SubstanceDurée de principeQui doit prouver quoi
Non spécifiée4 ansLe sportif prouve l’absence d’intention → ramené à 2 ans
Spécifiée2 ansL’AFLD prouve l’intention → porté à 4 ans
Source : art. L.232-23-3-3 du Code du sport. Le comportement intentionnel est défini à l’article 10.2.4 du Code mondial antidopage (version du 1er janvier 2021).
2. En quoi consiste l’aide substantielle ? Précisez les deux critères qui la constituent selon le Code du sport.
Réponse

Les deux critères sont cumulatifs — il faut les deux, pas l’un ou l’autre :

  • Divulguer entièrement, dans une déclaration écrite signée ou un entretien enregistré, toutes les informations en sa possession relatives à des violations des règles antidopage ou à d’autres infractions — à condition que ces informations permettent à l’AFLD, à une instance pénale ou disciplinaire, ou à l’AMA, de découvrir ou de poursuivre ;
  • Et collaborer pleinement à l’enquête et à l’examen de toute affaire liée à ces informations, notamment en témoignant à une audience si on le lui demande.

Condition de fond : les informations doivent être crédibles et permettre d’engager des poursuites — ou, à défaut, constituer des indices graves et concordants.

Source : art. L.230-4 du Code du sport.
3. Quel niveau peut atteindre le sursis au regard de la durée de la suspension prononcée ?
Réponse

Le sursis peut être accordé à concurrence des trois quarts de la durée de la suspension.

Deux précisions qui font la différence :

  • en cas de suspension définitive, la part ferme ne peut pas descendre en dessous de huit ans ;
  • dans des circonstances exceptionnelles tenant à la qualité de l’aide apportée, le sursis peut être étendu jusqu’à la totalité de la sanction — mais seulement après avis de l’Agence mondiale antidopage.
Source : art. L.232-23-3-2 du Code du sport.
4. En fonction de quels critères ce sursis peut-il être prononcé ? Citez les deux critères prévus par le Code du sport.
Réponse
  • La gravité de la violation commise par l’intéressé ;
  • L’importance de l’aide substantielle fournie par lui.

Ne confondez pas ces deux critères-là (ceux qui déterminent le quantum du sursis) avec les deux critères de la question 2 (ceux qui définissent l’aide substantielle). Le sujet enchaîne volontairement les deux séries de deux — c’est un piège de lecture.

Source : art. L.232-23-3-2 du Code du sport.
5. Quelle instance au sein de l’AFLD est compétente pour assortir la sanction d’un sursis ?
Réponse

La commission des sanctions de l’Agence française de lutte contre le dopage.

Réponse complète : le collège de l’AFLD le peut également, mais uniquement dans le cadre d’un accord de composition administrative. Distinguer la commission des sanctions du collège est exactement ce que la question cherche à vérifier.

Source : art. L.232-23-3-2, I, du Code du sport.
6. Quelles sont les deux raisons pouvant conduire l’AFLD à révoquer le sursis une fois obtenu ?
Réponse
  • La personne a commis une nouvelle violation des règles antidopage dans un délai de dix ans à compter de la date du prononcé de la sanction assortie du sursis ;
  • Ou elle cesse de coopérer, ou de transmettre les informations qu’elle s’était engagée à fournir et qui lui avaient valu ce sursis.

Retenez le chiffre — dix ans — et l’auteur de la révocation : c’est la commission des sanctions qui révoque, à la demande du collège.

Source : art. L.232-23-3-2, II, du Code du sport.

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Faire l’examen blanc

Partie 2 — Le QCM

1. L’autorité administrative peut conclure avec une entreprise une convention destinée à faciliter l’emploi d’un sportif de haut niveau et sa reconversion. La relation contractuelle entre l’entreprise et le sportif pourra prendre la forme de :
  • A. Un contrat de travail
  • B. Un contrat de prestation de services
  • C. Un contrat de cession de droit à l’image
  • D. Un contrat de parrainage exclusif de tout lien de subordination
  • E. Toutes les réponses ci-dessus sont correctes
Réponse : E

Les quatre formes sont bien prévues par le texte : soit un contrat de travail, soit un contrat de prestation de services, de cession de droit à l’image, ou de parrainage exclusif de tout lien de subordination.

La nuance que le QCM ne dit pas : les trois formes alternatives (B, C, D) doivent intégrer un projet de formation ou d’insertion professionnelle du sportif. Le contrat de travail, lui, n’a pas cette condition. C’est le genre de détail sur lequel une variante peut vous piéger.

Source : art. L.221-8 du Code du sport.
2. Le fait d’exercer l’activité d’agent sportif sans être titulaire de la licence prévue à l’article L.222-7 du Code du sport est puni de :
  • A. 6 mois d’emprisonnement et 45 000 € d’amende
  • B. 1 an d’emprisonnement et 30 000 € d’amende
  • C. 1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende
  • D. 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende
  • E. 2 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende
Réponse : D — 2 ans et 30 000 € (droit applicable en novembre 2025)

C’est l’article qui définit votre profession en creux. À la date de l’épreuve, la réponse était deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : lisez la fin de cette réponse.

Le QCM fait tourner les chiffres 6 mois / 1 an / 2 ans et 30 000 / 45 000 pour piéger la mémoire approximative. La bonne combinaison est la plus lourde en prison, la plus légère en amende.

Deux compléments que le sujet ne demandait pas mais que le jury adore : l’amende peut être portée au-delà de son montant, jusqu’au double des sommes indûment perçues ; et les peines peuvent être assorties d’une interdiction temporaire ou définitive d’exercer l’activité d’agent sportif (article L.222-21).

Le droit en vigueur depuis la loi du 3 août 2026. La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 a porté ces peines à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende (article L.222-20, I, du Code du sport). L’amende peut toujours être portée au-delà, jusqu’au double des sommes indûment perçues. C’est ce barème qu’il faut apprendre pour l’épreuve de novembre 2026 : posée avec les mêmes propositions, cette question n’aurait plus aucune bonne réponse.

Un détail de rédaction : la même loi a remplacé la « licence » par la « carte professionnelle » d’agent sportif à l’article L.222-7, mais le 1° de l’article L.222-20 vise encore, mot pour mot, l’exercice « sans avoir obtenu la licence d’agent sportif ».

Sources : art. L.222-20 et L.222-21 du Code du sport, dans leur rédaction en vigueur en novembre 2025 puis issue de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026 (article 13).
3. Les agents sportifs doivent appliquer des mesures de vigilance anti-blanchiment, et notamment élaborer une classification des risques en fonction :
  • A. De la nature des services offerts
  • B. Des conditions de transaction proposées
  • C. Des caractéristiques des clients
  • D. Du pays ou du territoire d’origine ou de destination des fonds
  • E. Toutes les réponses ci-dessus sont correctes
Réponse : E

Les quatre critères proposés figurent tous dans le texte. Réponse : toutes.

Ce que le QCM omet — et qui est la question suivante en puissance : l’article en liste cinq, pas quatre. Le cinquième est les canaux de distribution utilisés. Retenez les cinq : nature des produits ou services, conditions de transaction, canaux de distribution, caractéristiques des clients, pays d’origine ou de destination des fonds.

Source : art. L.561-4-1 du Code monétaire et financier (l’agent sportif figure parmi les personnes assujetties de l’art. L.561-2).
4. À compter du 1er janvier 2026, selon la CCNS, le salaire annuel brut de référence hors avantage en nature d’un sportif salarié à temps plein (hors jeunes en formation) doit être au moins égal à :
  • A. 19 650,19 €  |  B. 22 289,19 €  |  C. 25 316,19 €  |  D. 29 650,19 €
Réponse : B — 22 289,19 €

Montant fixé par l’avenant n° 210 du 3 avril 2025 à la Convention collective nationale du sport, applicable à compter du 1er janvier 2026 (il était de 22 068,50 € depuis le 1er juillet 2025).

Notez que cette question n’a pas d’option « aucune réponse ». Rare — et cela change la stratégie : ici, éliminer trois options garantit la bonne réponse. À titre de repère utile, l’entraîneur de classe D est à 43 308,35 € sur la même période.

Source : CCNS (IDCC 2511), avenant n° 210 du 3 avril 2025.
5. Selon l’article L.132-1 du Code du sport, les statuts d’une ligue professionnelle doivent prévoir que le nombre de mandats de plein exercice exercés par un même président ne peut excéder :
  • A. Deux  |  B. Deux consécutifs  |  C. Trois  |  D. Trois consécutifs  |  E. Aucune réponse ci-dessus n’est correcte
Réponse : C — Trois

Le texte dit exactement : le nombre de mandats de plein exercice exercés par un même président de ligue professionnelle ne peut excéder le nombre de trois.

Le piège est le mot « consécutifs ». Il n’est pas dans le texte. C’est un plafond de trois mandats, point — pas trois d’affilée. Un candidat qui « se souvient vaguement » de trois mandats et qui hésite entre C et D perd le point sur un mot que la loi ne contient pas.

Source : art. L.132-1 du Code du sport.

Ce que cette session vous apprend

1. Le jury vous teste sur votre propre statut. La sanction pénale de l’agent non licencié et vos obligations anti-blanchiment sont deux QCM sur cinq. Ce ne sont pas des questions de droit général : ce sont les règles qui vous encadreront. Un candidat qui les ignore raconte quelque chose au jury.

2. Les distracteurs sont faits d’un seul mot. « Consécutifs » (QCM 5), « plus de » au lieu de « moins de », un chiffre déplacé. Les options ne sont pas absurdes — elles sont presque justes. C’est ce qui rend l’à-peu-près mortel.

3. Les listes du Code du sport sont rarement complètes dans le sujet. Le QCM 3 propose quatre critères sur cinq. Le QCM 1 en propose quatre sur quatre, mais tait la condition qui les distingue. Apprenez les listes entières, pas les options du QCM.

Le chiffre à retenir de tout cet article

Exercer sans titre : 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende depuis la loi du 3 août 2026 (c’était 2 ans et 30 000 € à la session 2025), amende portée jusqu’au double des sommes indûment perçues, plus une interdiction d’exercer possible. C’est la raison d’être de l’examen que vous préparez. Le jury vérifie que vous le savez.

Où trouver le sujet officiel

L’extrait de la session 2025 est disponible en libre accès sur le site du CNOSF, rubrique « Examen de la licence d’agent sportif », section Annales — aux côtés des sessions 2023 et 2024. Ils sont gratuits. Travaillez-les. Ce qu’ils ne contiennent pas, ce sont les réponses.

Cet article est un travail pédagogique indépendant. Il n’émane ni du CNOSF, ni de la FFF, et n’a aucune valeur officielle. Les corrigés sont établis à partir des textes en vigueur à la date de publication ; en cas de doute, la loi fait foi.

À lire aussi : le corrigé complet de la session 2023 — cas pratique sur la ligue professionnelle et QCM sur le droit des associations et le droit social.