Hausse des prix lundi 9 novembre : Le Manuel passe de 79 € à 99 €. Voir Le Manuel →
Aller au contenu

Les obstacles

Qui ne peut pas devenir agent sportif

Aucun diplôme n'est exigé pour se présenter. Mais deux séries d'obstacles empêchent d'obtenir ou de conserver le titre — et la loi du 3 août 2026 vient d'en élargir considérablement une.

Par Walid — DevenirAgentFoot, co-écrit avec un agent sportif licencié FFF et FIFA en activité · Mis à jour en , mis à jour le · Méthode et sources

N'importe qui peut s'inscrire à l'examen : aucun diplôme n'est exigé, aucune expérience. Mais tout le monde ne peut pas obtenir ni conserver le titre d'agent sportif. Vous changez de métier ? Notre guide de la reconversion dit quels emplois actuels peuvent vous bloquer.

Le code du sport dresse deux listes distinctes, et les confondre coûte des points à l'examen comme des ennuis dans la vraie vie. Ces deux listes ont été modifiées le 3 août 2026 : si vous avez lu une fiche de révision antérieure à cette date, elle est dépassée.

Un mot sur le vocabulaire

Depuis le 5 août 2026, la partie législative du code du sport ne parle plus de « licence » mais de carte professionnelle d'agent sportif. La partie réglementaire et les documents du CNOSF emploient encore l'ancien mot. C'est le même titre. Ce que change la loi du 3 août 2026.

Incapacités et incompatibilités : la différence

Les incapacités

Ce que vous avez fait

Elles tiennent à votre passé judiciaire ou financier. Elles sont, en principe, définitives ou de longue durée : on ne s'en défait pas en changeant de situation.

Les incompatibilités

Ce que vous faites, ou avez fait cette année

Elles tiennent à vos fonctions présentes ou récentes. Elles sont réversibles : quitter la fonction lève l'obstacle — mais seulement douze mois plus tard.

La conséquence pratique est nette : une incapacité entraîne le retrait du titre, une incompatibilité sa suspension.

Les incompatibilités : une liste bien plus large qu'avant

C'est l'obstacle le plus fréquent en pratique, et c'est celui que la loi du 3 août 2026 a réécrit de fond en comble. L'ancienne rédaction visait, en substance, les fonctions de direction et d'entraînement. La nouvelle va beaucoup plus loin.

Dans sa version en vigueur depuis le 5 août 2026, l'article L. 222-9 écarte toute personne ayant exercé, directement ou indirectement, au cours des douze derniers mois :

1. Dans un club ou un organisateur de manifestations

Au sein d'associations ou de sociétés employant des sportifs rémunérés, ou organisant des manifestations sportives ouvertes aux sportifs professionnels : des fonctions de dirigeant, de salarié ou préposé, ou de membre de l'encadrement sportif, médical ou paramédical.

Le kinésithérapeute du club, le préparateur physique, l'intendant salarié entrent désormais dans le champ, là où l'ancienne rédaction pouvait laisser penser le contraire.

2. Dans une fédération agréée ou ses organes

Des fonctions de dirigeant, de salarié ou préposé, de conseiller technique sportif, d'encadrant sportif, médical ou paramédical, d'arbitre, juge, officiel ou membre d'un jury de compétition, ou de membre d'une commission — à la seule exception de la commission fédérale des agents sportifs elle-même.

3. Dans une organisation représentative de sportifs

Au sein des organisations professionnelles représentatives de sportifs — les syndicats de joueurs, en clair : des fonctions de dirigeant ou de salarié ou préposé.

Et deux cas à part

S'ajoutent deux situations : être, ou avoir été dans les douze derniers mois, actionnaire d'une société employant des sportifs rémunérés ; et être inscrit au barreau sans recourir à la procédure d'omission prévue par la loi du 31 décembre 1971. Un avocat peut donc devenir agent sportif, mais pas les deux à la fois.

Les douze mois changent tout

L'obstacle ne disparaît pas le jour où vous démissionnez. Il court douze mois après la cessation des fonctions. Si vous arbitrez encore cette saison et visez la carte professionnelle, le calcul se fait à rebours : quittez la fonction plus d'un an avant la délivrance du titre, pas la veille.

Testez-vous gratuitement

Vingt questions au format de l'épreuve, corrigées immédiatement avec l'article de loi à l'appui. Gratuit, en dix minutes.

Faire l'examen blanc

Les incapacités : le passé judiciaire et financier

L'article L. 222-11, lui aussi modifié le 3 août 2026, écarte trois catégories de personnes.

1° Les condamnations pénales. Le texte ne dresse plus sa propre liste : il renvoie aux crimes et délits mentionnés aux I et III de l'article L. 212-9 du code du sport — c'est-à-dire au régime d'honorabilité applicable aux éducateurs sportifs. Ce régime couvre les crimes et un ensemble étendu de délits contre les personnes et contre les biens, certaines infractions routières et à la législation sur les stupéfiants, plusieurs infractions du code du sport lui-même, ainsi que les condamnations pour terrorisme.

1° bis La fraude fiscale, au sens de l'article 1741 du code général des impôts. Cet ajout est significatif pour une profession dont l'essentiel du contentieux public porte sur les commissions et leur traitement fiscal. La fiscalité de l'agent sportif.

2° La faillite personnelle, ainsi que les interdictions et déchéances prévues au livre VI du code de commerce.

À ne pas oublier

La faillite personnelle produit le même effet qu'une condamnation pénale sur l'accès au titre. C'est le point le plus régulièrement oublié par les candidats — et un classique des énoncés d'examen.

Un contrôle annuel, pas un contrôle à l'entrée

Ces incapacités ne sont pas vérifiées une fois pour toutes au moment de la délivrance. Le contrôle est annuel, dans les conditions du I bis de l'article L. 212-9 : délivrance du bulletin n° 2 du casier judiciaire à la fédération délégataire, et consultation du fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes.

Ce que beaucoup ignorent : la contagion aux associés

Le régime ne s'arrête pas à la personne de l'agent. L'article L. 222-13 est sans ambiguïté : lorsque l'agent constitue une personne morale pour exercer sa profession, ses dirigeants, associés ou actionnaires sont soumis aux incompatibilités et incapacités prévues aux articles L. 222-9 à L. 222-11. Le même article oblige l'agent à communiquer à sa fédération l'identité de ces personnes et leurs antécédents judiciaires, et à signaler tout changement sans délai.

L'article L. 222-14 ajoute deux verrous. Les associés ou actionnaires de cette société ne peuvent pas être les sportifs ou entraîneurs pour lesquels l'agent exerce son activité. Ils ne peuvent pas davantage être une association ou société employant des sportifs rémunérés, ni une fédération ou l'un de ses organes.

Autrement dit : faire entrer au capital un ami qui dirige un club, ou son propre joueur, fragilise votre titre. C'est une vérification à faire avant de monter votre structure.

Situation Régime Effet sur le titre
Entraîneur, même bénévole, d'un club employant des sportifs rémunérés Incompatibilité (L. 222-9) Suspension, jusqu'à 12 mois après la cessation
Arbitre ou membre d'une commission fédérale Incompatibilité (L. 222-9) Suspension, jusqu'à 12 mois après la cessation
Kinésithérapeute ou préparateur physique de club Incompatibilité (L. 222-9) Suspension, jusqu'à 12 mois après la cessation
Avocat inscrit au barreau, sans omission Incompatibilité (L. 222-9) Suspension tant que l'inscription perdure
Condamnation visée à l'article L. 212-9 Incapacité (L. 222-11) Retrait
Condamnation pour fraude fiscale Incapacité (L. 222-11) Retrait
Faillite personnelle Incapacité (L. 222-11) Retrait

Le cas de la reconversion

Beaucoup d'anciens joueurs, d'éducateurs et d'arbitres envisagent ce métier. C'est parfaitement possible — la connaissance du milieu est un atout réel — mais à une condition : ne pas cumuler, et anticiper d'un an.

Concrètement : si vous entraînez encore une équipe, même bénévolement, même en district, il faudra choisir. Vous pouvez passer l'examen — rien ne l'interdit — mais le titre ne vous sera pas délivré, ou sera suspendu, tant que la fonction perdure et pendant les douze mois qui suivent.

Vérifiez donc votre situation avant d'investir dans une préparation. C'est le premier conseil que nous donnons dans notre article sur le parcours complet, et le premier point à régler avant de vous inscrire à l'examen.

Ce qui tombe à l'examen

Ce thème figure dans trois extraits officiels : 2016 (QCM no 4), 2019 et 2024 (cas pratiques). Les énoncés jouent sur quelques ressorts précis.

Le bénévolat. Un énoncé qui précise « sans rémunération » cherche à vous faire conclure à l'absence d'incompatibilité. C'est faux : le texte vise les fonctions exercées, sans condition de rémunération.

Le délai après cessation. La réponse est désormais chiffrée : douze mois. Un énoncé plaçant la démission « il y a six mois » attend que vous en tiriez le maintien de l'obstacle.

La distinction incapacité / incompatibilité. Retrait dans un cas, suspension dans l'autre. Le jury aime vérifier que vous ne les mélangez pas.

Le périmètre des personnes visées. Salariés de l'agent, dirigeants et actionnaires de sa société : un énoncé peut porter sur l'associé, pas sur l'agent lui-même.

Attention aux annales

Les corrigés antérieurs à août 2026 reposent sur l'ancienne rédaction de l'article L. 222-9. Sur ce thème précis, un sujet de 2024 ou 2025 vous fera réviser une liste incomplète. Comment utiliser les annales sans se piéger.

Les 8 matières, traitées comme à l'examen

Le programme complet de l'épreuve générale en 203 leçons, avec 8 quiz pour vous situer. Le Manuel FFF — 79 €. Accès immédiat.

Découvrir Le Manuel FFF

Vous visez aussi l’international ? Les Deux Manuels réunissent le parcours FFF et le parcours FIFA, 312 leçons — 149 € au lieu de 178 €.

Voir aussi : vérifier qu’un agent est bien licencié, comment devenir agent sportif, durée et renouvellement du titre et agent, conseiller, mandataire : qui fait quoi.

Sources : code du sport, articles L. 222-9, L. 222-11 et L. 212-9, dans leur rédaction issue de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026 ; articles R. 222-10 à R. 222-20. État du droit vérifié le 13 août 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique : pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.