Hausse des prix lundi 9 novembre : Le Manuel passe de 79 € à 99 €. Voir Le Manuel →
Aller au contenu

Examen FIFA

Article 19 du RSTJ : le transfert international des mineurs

Le principe n’est pas l’encadrement : c’est l’interdiction. Un joueur de moins de 18 ans ne peut pas être transféré à l’international. Tout le reste — les cinq exceptions, les seuils, l’approbation préalable — n’existe que par dérogation à cette règle.

Par Walid — DevenirAgentFoot, co-écrit avec un agent sportif licencié FFF et FIFA en activité · · Méthode et sources

C’est l’article le plus connu du Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs, et celui que l’on résume le plus mal. On lit souvent qu’un mineur « peut être transféré sous conditions ». La formulation inverse la logique du texte, et c’est précisément ce que l’examen vérifie.

Le principe : 18 ans

Le premier paragraphe de l’article 19 tient en une phrase : les transferts internationaux de joueurs ne sont autorisés que si le joueur a plus de 18 ans.

Pas de nuance, pas de « sauf accord des parties », pas de dérogation de club à club. L’interdiction est la règle, et les seules brèches sont celles que le règlement nomme lui-même.

Les cinq exceptions

Le paragraphe 2 en prévoit cinq, et cinq seulement. Elles sont limitatives.

a) Le déménagement des parents

Les parents du joueur s’installent dans le pays du nouveau club pour des raisons étrangères au football. C’est la précision qui compte : un déménagement organisé autour du transfert ne remplit pas la condition.

b) Le joueur de 16 à 18 ans dans l’UE/EEE

Le joueur a entre 16 et 18 ans, et le transfert a lieu soit sur le territoire de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, soit entre deux associations d’un même pays.

Cette exception n’est pas gratuite : elle impose au nouveau club quatre obligations minimales, et il doit en apporter la preuve à l’association au moment de l’enregistrement.

Obligation du nouveau club
Fournir une formation footballistique adéquate, conforme aux meilleurs standards nationaux.
Garantir en plus une formation scolaire, académique ou professionnelle permettant au joueur d’embrasser une autre carrière s’il cesse de jouer.
Prendre toutes les dispositions pour que le joueur soit encadré au mieux : conditions de vie optimales en famille d’accueil ou dans les structures du club, désignation d’un tuteur.
Apporter à l’association, lors de l’enregistrement, la preuve qu’il respecte les obligations ci-dessus.

La deuxième est celle que les candidats oublient. Elle n’est pas accessoire : la formation scolaire ou professionnelle est une condition, pas une bonne pratique.

c) La règle des 50 et 100 kilomètres

Le joueur habite à moins de 50 km d’une frontière nationale, et le club auprès duquel il souhaite être enregistré, dans l’association voisine, se trouve lui aussi à moins de 50 km de cette frontière. La distance maximale entre le domicile du joueur et le siège du club est de 100 km.

Deux conditions s’ajoutent : le joueur doit continuer à vivre chez lui, et les deux associations concernées doivent donner leur accord explicite.

Trois chiffres, trois fonctions différentes

50 km : la distance du domicile à la frontière — et, séparément, celle du club à la frontière.
100 km : la distance maximale entre le domicile et le siège du club.
Un cas pratique qui donne 40 km et 45 km de part et d’autre d’une frontière peut donc échouer, si la distance totale dépasse 100 km. Vérifiez toujours les deux.

d) Le joueur réfugié ou en besoin de protection

C’est l’exception la plus détaillée du texte, et celle qui distingue deux situations aux conséquences très différentes.

Elle vise le joueur autorisé, au moins temporairement, à résider dans le pays d’arrivée, ou reconnu vulnérable par les autorités de ce pays, après avoir fui son pays d’origine sans ses parents pour des raisons humanitaires — menace sur sa vie ou sa liberté en raison de la race, de la religion, de la nationalité, de l’appartenance à un groupe social ou des opinions politiques, ou toute autre circonstance mettant gravement en péril sa survie.

Statut du mineurClub d’enregistrementTransfert national ultérieur
Reconnu réfugié ou personne protégéeClub professionnel ou club purement amateurSans restriction avant 18 ans
Reconnu demandeur d’asile ou vulnérableClub purement amateur uniquementPossible, mais pas vers un club professionnel avant 18 ans

La distinction réfugié / demandeur d’asile est exactement le genre de nuance qu’un cas pratique exploite. Le statut administratif du mineur commande le type de club, et donc la réponse.

e) L’étudiant en programme d’échange

Le joueur est étudiant et part sans ses parents dans un autre pays, temporairement, pour des raisons académiques, dans le cadre d’un programme d’échange.

Deux limites strictes : l’enregistrement ne peut excéder un an, ou la fin du programme scolaire, ou les 18 ans du joueur ; et le nouveau club doit être un club purement amateur, sans équipe professionnelle et sans lien juridique, financier ou de fait avec un club professionnel.

La règle s’applique aussi à une première inscription

Le paragraphe 3 étend le dispositif à un cas qui n’est pas un transfert. Les mêmes règles s’appliquent à tout joueur qui, cumulativement :

C’est un point souvent manqué : on peut tomber sous l’article 19 sans qu’aucun transfert n’ait lieu. Un jeune étranger qui s’inscrit pour la première fois dans un club est concerné, dès lors qu’il ne remplit pas la condition des cinq ans.

L’approbation préalable est obligatoire

Aucune de ces exceptions ne s’applique automatiquement. Le paragraphe 4 impose que, dès lors que le mineur a au moins dix ans, la chambre du statut du joueur du Tribunal du Football approuve :

Cette approbation doit intervenir avant toute demande de certificat international de transfert ou de première inscription. Elle n’est pas une formalité de régularisation postérieure.

Pour les mineurs de moins de dix ans, il revient à l’association qui entend enregistrer le joueur de vérifier elle-même, préalablement à tout enregistrement, que la situation relève sans le moindre doute d’une exception.

La dérogation limitée pour mineurs, ou « LME »

Une association peut demander à la chambre du statut du joueur une limited minor exemption. Si elle est accordée, elle dispense l’association de l’obligation de saisine du paragraphe 4 — mais uniquement pour des mineurs amateurs devant être enregistrés dans des clubs purement amateurs, et sous conditions. L’association reste alors tenue de vérifier elle-même, avant toute demande, que le cas relève sans le moindre doute d’une exception.

Le devoir de diligence du club

Le paragraphe 8 impose au club qui a enregistré un mineur — que ce soit après un transfert national, un transfert international ou une première inscription — trois obligations permanentes :

Ces obligations ne sont pas limitées aux cas de l’exception b). Elles pèsent sur tout club ayant enregistré un mineur.

Ce que l’examen en attend

Pour la procédure devant la chambre du statut du joueur elle-même, voyez notre article sur le Tribunal du Football.

Le circuit FIFA

Deux outils gratuits : l’examen blanc FIFA (20 QCM corrigés) et le guide des 8 blocs (16 pages).

Le RSTJ, traité comme à l’examen

Le Manuel FIFA couvre les 8 blocs de l’examen d’agent de la FIFA en 109 leçons : le FFAR, le RSTJ en deux modules, le Tribunal du Football, la Chambre de compensation, la discipline et la protection de l’enfance. 99 €.

Découvrir Le Manuel FIFA

Rappel : la licence FIFA n’autorise pas à exercer en France. Les Deux Manuels y ajoutent la préparation à l’épreuve générale du CNOSF, 312 leçons — 149 € au lieu de 178 €.

À télécharger : le guide FIFA gratuit, 16 pages.
Voir aussi : calculer l’indemnité de formation, agent sportif et mineurs en droit français et comment fonctionne l’examen FIFA.

Sources consultées le 20 août 2026 : Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs de la FIFA, article 19 « Protection of minors », paragraphes 1 à 9, édition de janvier 2025. Le RSTJ est réédité régulièrement : vérifiez l’édition en vigueur au moment du dossier. Cet article présente un cadre réglementaire et ne constitue pas un conseil juridique.