Les paris sportifs
Pourquoi un agent sportif ne peut pas parier sur sa discipline
L’interdiction ne dépend pas de vos clients ni de vos intérêts dans le match. Elle tient à votre seule qualité d’agent licencié.
Elle a fait l’objet d’un cas pratique entier dans l’extrait officiel de 2017 : les interdictions de parier édictées par les fédérations. Elle est simple, mais la réponse instinctive est souvent la mauvaise.
L’agent fait partie des acteurs des compétitions
Le Code du sport interdit à certaines personnes de parier sur les compétitions de leur propre
discipline. La liste de ces « acteurs des compétitions » figure à
l’article D.131-36-1 — et l’agent sportif licencié en fait
partie.
Ce n’est pas une règle d’éthique interne ni une recommandation officieuse. Mais le mécanisme
mérite d’être compris, car l’énoncé peut vous interroger dessus : la loi
(art. L.131-16 du Code du sport) oblige les fédérations délégataires à
édicter ces règles d’interdiction, et un décret fixe la liste des personnes visées.
L’interdiction procède donc de la loi, passe par le règlement fédéral, et s’appuie sur une
liste réglementaire.
Cette liste compte huit catégories : les sportifs, l’encadrement sportif, médical et paramédical, les arbitres et juges, les dirigeants et salariés de la fédération et de sa ligue, ceux des associations et sociétés sportives, ceux des organisateurs de compétitions, ceux des organisations professionnelles — et, au 6°, « les agents sportifs licenciés ou autorisés en prestation de service et les avocats mandataires sportifs ».
Retenez ce dernier point : l’avocat mandataire sportif est visé au même titre que l’agent. Changer de casquette ne fait pas sortir du texte.
La logique du texte
Un agent connaît des informations que le public n’a pas : l’état de forme d’un joueur, une négociation en cours, une blessure non annoncée. Lui permettre de parier reviendrait à ouvrir la porte aux paris d’initiés.
Ce que l’interdiction couvre
Elle porte sur les compétitions de la discipline concernée par la licence. Un agent de football ne peut pas parier sur le football.
Deux précisions utiles :
- L’interdiction ne se limite pas aux rencontres où l’agent a un client engagé. C’est la discipline entière qui est visée.
- Elle vise également le fait de communiquer à des tiers des informations privilégiées en vue de parier.
Surtout, l’article L.131-16 ne pose pas une interdiction mais trois. C’est le point que les candidats manquent le plus souvent, parce qu’ils ne retiennent que le pari lui-même.
Les trois interdictions
a) Réaliser des prestations de pronostics sur une compétition de sa discipline lorsqu’on est contractuellement lié à un opérateur de paris agréé — ou que ces pronostics s’inscrivent dans un programme parrainé par un tel opérateur.
b) Détenir une participation au sein d’un opérateur de paris agréé qui propose des paris sur la discipline concernée.
c) Engager des mises, directement ou par personne interposée, et communiquer à des tiers des informations privilégiées obtenues à l’occasion de sa profession et inconnues du public.
Deux mots du c) valent d’être soulignés. « Par personne interposée » : faire parier un proche à sa place ne met pas à l’abri. Et « inconnues du public » : une information déjà publiée par la presse n’est plus privilégiée.
Le a) et le b) surprennent : un agent qui n’a jamais parié un euro peut se trouver en infraction, simplement parce qu’il détient des parts dans un opérateur ou qu’il livre des pronostics dans une émission parrainée par lui.
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Faire l’examen blancComment la fédération l’apprend
La question vient naturellement : un pari en ligne, qui le verrait ? Le code organise précisément
cet accès (art. L.131-16-1).
Quand une fédération délégataire envisage une procédure de sanction contre un acteur qui aurait parié sur sa discipline, elle peut demander les informations relatives aux opérations de jeu à l’Autorité nationale des jeux pour les opérateurs agréés, ou à la société titulaire des droits exclusifs pour les paris qu’elle enregistre.
Seuls des agents de la fédération spécialement habilités reçoivent ces éléments, limités au strict nécessaire et dans le respect de la loi Informatique et libertés. Autrement dit : le contrôle existe, il est encadré, et il ne repose pas sur la délation.
Les sanctions
Elles se cumulent sur deux plans.
Disciplinaire d’abord. La commission des agents sportifs peut prononcer un avertissement, une sanction pécuniaire, la suspension temporaire de la licence, ou son retrait — ce dernier pouvant être assorti de l’interdiction d’obtenir une autre licence.
Pénal ensuite, selon la nature des faits, notamment lorsque le pari s’accompagne d’une manipulation de compétition ou de corruption.
Licence ou carte professionnelle ?
Depuis la loi n° 2026-725 du 3 août 2026, les articles L.222-7 à L.222-18 du Code du sport ne parlent plus de « licence » mais de carte professionnelle d’agent sportif.
Mais les décrets n’ont pas suivi : l’article R.222-38, celui-là même qui liste les sanctions ci-dessus, dit toujours « licence ». Les deux mots désignent le même titre. Ne vous laissez pas déstabiliser par un énoncé qui emploierait l’un ou l’autre.
Ce que l’examen peut demander
Un énoncé type décrit un agent qui parie sur un match sans lien avec ses clients, ou qui parie « pour le plaisir », et vous demande si c’est autorisé.
Ce n’est pas autorisé. L’absence de lien avec un client ne change rien : l’interdiction est liée à la qualité d’acteur de la compétition, pas à l’intérêt personnel dans la rencontre.
Autre variante : la question porte sur un proche de l’agent. Là, vérifiez soigneusement le périmètre du texte plutôt que de raisonner par analogie.
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Voir aussi : qui ne peut pas devenir agent, la licence : durée et retrait et ce qui tombe vraiment à l’examen.
Sources : Code du sport (articles L.131-16, L.131-16-1, D.131-36-1, R.222-38 ; L.222-7 à L.222-18 dans leur rédaction issue de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026). État du droit vérifié en juillet 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique : pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.