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La CCNS

La convention collective nationale du sport

Elle complète le Code du travail, et parfois y déroge. C’est souvent là que se jouent les derniers points d’un cas pratique de droit social.

Par Walid — DevenirAgentFoot, co-écrit avec un agent sportif licencié FFF et FIFA en activité · · Méthode et sources

La convention collective nationale du sport est le texte qui régit le quotidien des salariés du secteur. Elle complète le Code du travail — et parfois y déroge.

Elle est tombée en cas pratique, et sa méconnaissance coûte cher : c’est souvent là que se jouent les derniers points d’un énoncé de droit social.

Le chapitre 12 : le sport professionnel

C’est celui qui intéresse directement l’agent. Il traite du sportif et de l’entraîneur professionnels : durée du travail, rémunération, protection sociale.

La logique du texte est particulière, parce que l’activité l’est : entraînements, déplacements, matchs et récupération ne se comptabilisent pas comme des heures de bureau.

Le texte de base est la convention collective nationale du sport du 7 juillet 2005, identifiée sous le numéro IDCC 2511, étendue par arrêté du 21 novembre 2006. Son chapitre XII vise les sportifs et entraîneurs professionnels au sens de l’article L.222-2 du Code du sport.

Le chapitre XII a été refondu — et c’est récent

L’avenant n° 200 du 20 mars 2024, intitulé « relatif à la refonte du chapitre XII de la convention collective nationale du sport et à l’intégration du CDD spécifique », a été rendu obligatoire par arrêté du 11 décembre 2025, publié au Journal officiel du 26 décembre 2025.

Conséquence pratique : tout support antérieur à décembre 2025 décrit un chapitre 12 périmé sur ce point. Si vous révisez sur des fiches trouvées en ligne, vérifiez leur date avant d’apprendre un chiffre.

La durée du travail

Un régime dérogatoire

Le chapitre 12 fixe des règles propres au temps de travail du sportif professionnel, avec une durée de référence spécifique et un encadrement des dépassements.

Vérifiez les valeurs exactes dans la version en vigueur : une convention collective se révise, et les chiffres qui circulent dans les supports anciens sont souvent périmés.

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Le temps partiel et sa présomption

C’est le point le plus discriminant, et il repose sur une articulation entre la convention et le Code du travail.

Le contrat de travail à temps partiel est un contrat écrit, et l’article L.3123-6 du Code du travail énumère ce qu’il doit mentionner :

Lorsque ces mentions manquent, le contrat est présumé conclu à temps complet.

La présomption n’est pas irréfragable : l’employeur peut la renverser. Mais la charge de la preuve lui incombe, et elle est lourde. C’est un classique du contentieux, et un classique des cas pratiques.

La jointure, en chiffres

Voici où se situe exactement l’articulation dont parlent les énoncés. Le Code du travail pose des règles supplétives : elles s’appliquent à défaut d’accord. Un accord de branche étendu — la convention du sport, par exemple — peut les déplacer.

Vingt-quatre heures, un dixième, un tiers

La durée minimale. À défaut d’accord, elle est de vingt-quatre heures par semaine (art. L.3123-27). Elle ne s’applique pas, notamment, aux contrats d’une durée au plus égale à sept jours ni aux CDD de remplacement (art. L.3123-7).

Les heures complémentaires. À défaut d’accord, elles sont plafonnées au dixième de la durée prévue au contrat (art. L.3123-28). Un accord d’entreprise ou, à défaut, un accord de branche étendu peut porter cette limite jusqu’au tiers (art. L.3123-20).

La limite infranchissable. Dans tous les cas, les heures complémentaires ne peuvent pas porter la durée accomplie au niveau de la durée légale — ou, si elle est inférieure, de la durée fixée conventionnellement (art. L.3123-9). Franchir ce seuil, c’est requalifier le contrat.

Retenez le trio : 24 heures, un dixième, un tiers — et le fait que les deux premiers cèdent devant un accord, le troisième jamais.

Le maintien de salaire

La convention prévoit des dispositions de maintien de la rémunération en cas d’arrêt de travail, plus favorables que le régime légal.

Pour un sportif professionnel, dont une blessure peut interrompre l’activité plusieurs mois, c’est une garantie centrale — et un élément que l’agent doit maîtriser lorsqu’il négocie.

Comment la réviser

Concentrez-vous sur le chapitre 12. C’est celui qui concerne vos clients, et celui que l’examen interroge.

Repérez les points d’articulation avec le Code du travail. La convention ne remplace pas la loi : elle s’y ajoute, et parfois y déroge dans un sens plus favorable. Les cas pratiques exploitent précisément ces jointures.

Vérifiez chaque chiffre. Durées, seuils, pourcentages : une convention se révise par avenants. Travaillez sur la version applicable à votre session — concrètement, pour la session de novembre 2026, celle issue de l’avenant n° 200, étendu le 11 décembre 2025.

Distinguez le supplétif du conventionnel. Une question qui vous donne un chiffre du Code du travail sans préciser s’il existe un accord teste souvent cette distinction : le code s’applique à défaut, pas à la place.

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Voir aussi : le CDD spécifique, dix ans d’annales analysés et ce qui tombe vraiment.

Sources : convention collective nationale du sport du 7 juillet 2005 (IDCC 2511), étendue par arrêté du 21 novembre 2006, chapitre XII dans sa rédaction issue de l’avenant n° 200 du 20 mars 2024, étendu par arrêté du 11 décembre 2025 (JO du 26 décembre 2025) ; Code du travail (articles L.3123-6, L.3123-7, L.3123-9, L.3123-20, L.3123-27, L.3123-28). Les valeurs chiffrées sont à vérifier dans la version en vigueur l’année de votre session. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique : pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.